linogravures

L’origine du terme «graver» provient  de l’allemand «graben», creuser. 
L’acte même de graver « réalise » cette étymologie.
Creuser, graben, à l’aide de gouges, dans du linoléum, ce composé de poudre de liège, d’huile de lin et de résine, renvoie à la sensation de retourner la terre.
La terre en tant que mémoire.
 
A force de creuser, des strates de mémoires se détachent, telles des plaques de glace sur un lac gelé au printemps.
Graver, c’est recomposer cette matière cueillie au long des heures de dessin.
Le dessin originel se transforme au fur et à mesure, comme si les couches sous-jacentes, venaient au jour.
Dans les linogravures, les images se reconstituent autrement, elles se révèlent et deviennent appropriables en tant qu’histoire.
 
Et puis, il y a le plaisir de la taille en vrille, des cannelures, des sillons....
 
Ce procédé qui requiert constamment la pensée du vide et du plein, rappelle celui d’un art du mouvement, le Taj chi.
 
Cette «matière pauvre» apparut en Angleterre en 1863 comme revêtement de sol. Elle fut en effet détournée par les artistes autour de 1900 pour ses avantages : elle est plus tendre et peut être travaillée dans tous les sens, contrairement au bois qui impose un sens.
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